Au site des déplacés de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Bunia, chef-lieu de l’Ituri, la prévention contre Ebola est en train de s’effondrer. Une situation alarmante pour des milliers de familles déjà en survie. Sur place, l’eau potable se fait rare et les dispositifs de lavage des mains ont disparu. Les gestes d’hygiène ne sont plus respectés.
Olivier Bavi Karba, président de l’Association des personnes déplacées de l’Ituri (ADPI), tire la sonnette d’alarme. Il appelle les déplacés à maintenir les gestes barrières, même en dehors du camp, lors des déplacements vers les quartiers d’accueil.
« La vigilance ne doit pas s’arrêter aux portes du site. Elle doit protéger aussi les communautés hôtes », insiste-t-il.
Ce cri d’alerte fait écho à l’avertissement de l’OMS. En juin dernier, l’organisation rappelait que les déplacements de populations, la surpopulation et le manque d’eau et d’assainissement (WASH) sont les principaux obstacles à la détection des cas d’Ebola et à la riposte dans les camps. Sans eau et sans savon, comment appliquer les mesures barrières ?
Aujourd’hui, les besoins sont clairs et urgents sur le site de l’ISP :
- Rétablir les stations de lavage des mains
- Assurer un approvisionnement permanent en eau et en savon
- Renforcer la sensibilisation communautaire
Tant que l’épidémie persiste en Ituri, demander aux populations vulnérables de se protéger sans leur donner les moyens de le faire reste une équation impossible.
Charlotte MUKANGA
