Vingt-sept ans après le massacre de Moïga, la République démocratique du Congo s’est recueillie pour honorer la mémoire des victimes enterrées vivantes en octobre 1999.
La commémoration officielle, organisée par le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, s’est déroulée à Kinshasa, au mémorial du Génocide. Cet événement solennel a permis de réunir les membres de la communauté de Moïga résidant dans la capitale ainsi que plusieurs personnalités pour raviver le souvenir de ce drame orchestré à l’époque des exactions du Rassemblement Congolais pour la Démocratie. Les témoignages poignants des survivants et des descendants, à l’instar des déclarations recueillies auprès des proches, ont rappelé la cruauté de ces tueries perpétrées sous le commandement du nommé Kasereka.
Intervenant lors de cette cérémonie de recueillement, la directrice générale adjointe du Fonarev a souligné l’importance de maintenir cet ancrage mémoriel pour éviter que de telles atrocités ne tombent dans l’oubli. Elle a insisté sur la nécessité d’une solidarité nationale agissante afin de garantir la mise en place de politiques publiques protectrices et réparatrices pour l’ensemble des victimes. Les représentants de la communauté locale, dont le petit-fils de l’unique rescapé, ont quant à eux plaidé pour la mise en place rapide d’un programme de réparation durable axé principalement sur le soutien psychosocial.
Le dépôt de gerbes de fleurs et l’allumage de bougies devant le monument commémoratif ont clôturé cette journée de mémoire collective dans la capitale congolaise. Cette initiative a réaffirmé la volonté des institutions de briser le silence et d’apporter un réconfort moral et juridique aux familles meurtries par les crimes du passé.
C. K. L.
