Face à l’abondance des chenilles sur les étalages des marchés à travers toute la province du Kasaï Central, la rédaction a interrogé le médecin nutritionniste Willy Makolo sur les bienfaits de cet aliment prisé et les précautions indispensables à observer.
Interrogé par Radio Okapi, le docteur Willy Makolo a rappelé que la distinction entre les espèces comestibles et celles qui ne le sont pas repose d’abord sur des critères comportementaux et visuels hérités des traditions ancestrales. Selon le médecin, les chenilles solitaires dotées de couleurs très vives et attirantes ne doivent pas être consommées car elles présentent un risque toxique.
À l’inverse, les variétés comestibles vivent généralement en groupe sur des arbres bien identifiés. Sur le plan nutritionnel, le spécialiste a souligné que les chenilles constituent une source exceptionnelle de nutriments essentiels.
Cent grammes de chenilles apportent plus de 55 grammes de protéines d’origine animale, surpassant largement la viande de bœuf qui en contient moins de 30 grammes. Cet aliment se classe ainsi dans la catégorie des poissons et s’avère particulièrement bénéfique pour les enfants en période de croissance ainsi que pour les femmes enceintes.
Le médecin a également mis en avant la richesse des chenilles en fer, un élément crucial pour lutter contre l’anémie, les vertiges et la fatigue, en particulier chez les femmes après l’accouchement. De plus, leur teneur en acides gras oméga trois favorise la santé cardiovasculaire en agissant comme un régulateur des vaisseaux sanguins et stimule les fonctions cérébrales.
Toutefois, le spécialiste a insisté sur l’importance d’une préparation rigoureuse pour éviter toute intoxication. Il a conseillé de tremper les chenilles dans l’eau afin d’éliminer les toxines avant de procéder à une cuisson complète de 15 à 20 minutes. Une mauvaise préparation expose en effet les consommateurs à des risques d’allergies, de troubles digestifs sévères et de gonflements.
C. K. L.
