Dix-sept morts dans le crash du Let-410 du 25 septembre à Kenge, dont deux hauts responsables de la justice militaire. Deux semaines après le drame, une lettre ouverte adressée au Président du Conseil d’Administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA), Kin-Kiey Mulumba, et à son conseil d’administration, relance le débat sur la responsabilité de l’entreprise.
L’auteure, Mme Myriam Chouchouna Kibilu, qui se présente comme patriote kwangolaise, revient sur les déclarations du PCA lui-même après sa visite sur les lieux. Celui-ci avait affirmé que Kenge n’a plus de piste, ses plateformes ayant été spoliées par des « puissances financières et politiques locales », et qu’une piste digne de ce nom aurait pu éviter le crash.
Un constat jugé grave, mais qui soulève trois questions majeures, selon la lettre :
- Où va l’argent de la redevance ?
Chaque passager paie 55 dollars en international et 15 dollars en national pour la sécurité et le développement des infrastructures. L’auteure exige la publication des recettes des cinq dernières années et de la part réellement investie dans les aéroports de province. - Comment une piste a-t-elle pu disparaître ?
Le terrain de l’aérodrome de Kenge serait devenu un quartier résidentiel depuis cinq ans. « Des maisons ne se construisent pas en une nuit », tacle la lettre, qui pointe une défaillance totale de la RVA, chargée de protéger le patrimoine aéroportuaire. - Quel avenir pour le nouveau terrain ?
La province a mis à disposition un terrain de 3 km à Kingulu pour un nouvel aérodrome. La lettre exige un calendrier clair des travaux, son mode de financement et les garanties contre une nouvelle spoliation.
« Dénoncer la spoliation sur les réseaux sociaux ne suffit pas lorsqu’on dispose des moyens de l’institution », conclut Mme Kibilu, estimant que « 17 vies perdues à Kenge exigent mieux qu’un constat » et qu’« aucune fidélité politique ne devrait dispenser un mandataire de rendre des comptes ».
Joël Ekutshu
