RDC : l’accord de paix est mort? Combats violents à Masisi, Kinshasa dénonce le silence complice de la Communauté Internationale

Dans l’Est de la RDC, la situation devient de plus en plus pire. Les combats ne font que s’intensifier et les morts se multiplient. Aussi longtemps que les troupes rwandaises sont sur le sol congolais, il n y aura pas de paix durable dans l’Est de la RDC.

Pendant que Kinshasa réclame des actes, la Communauté Internationale détourne le regard. Et Masisi brûle. À quoi servent les accords de paix si sur le terrain, les balles continuent de siffler?C’est la question qui fâche à tout congolais. Malgré les signatures, les poignées de main, les communiqués de Washington, Doha, Luanda… les troupes rwandaises sont toujours là. Et les combats s’intensifient.Ce jeudi 8 octobre, l’enfer s’est encore réveillé à 3h du matin.

À Masisi, dans le groupement Ufamandu 1er, les premières détonations ont fait trembler la terre. Wazalendo appuyés par les FARDC lancent l’assaut. Ils revendiquent une percée : Kasake, Shovu, Kawele, Nyakigano sont les 4 localités reprises des mains de l’AFC-M23. La Radio Okapi confirmait que les FARDC peinaient à reprendre Kasake. Ce matin, le front a bougé. Mais pour combien de temps? Dans Masisi, une localité change de maître en quelques heures. Dans Kibabi, même scénario. A Ngungu et Kasaki, les armes parlent encore à l’heure où nous publions.

Kinshasa en a marre des mots

Kinshasa ne veut plus de déclarations. Kinshasa veut des actes. Le gouvernement accuse, mais Kigali ne respecte rien. Maintien de ses troupes sur le sol congolais, soutien à l’AFC-M23, pillage des ressources, violations des droits humains… Et la Communauté Internationale? Des condamnations. Des appels au cessez-le-feu. Et puis plus rien. « Il ne suffit plus de réaffirmer le principe du cessez-le-feu. Il faut des mécanismes de contrôle, de vérification et, surtout, des conséquences en cas de violation », martèle Kinshasa. Paul Kagame, lui, ne bouge pas d’un pouce.Pour lui, les accords sont du papier. Sur le terrain, ce sont les civils qui paient.

Le vrai bilan c’est l’humanitaire

Chaque offensive égale des milliers de déplacés. Plus de champs, plus d’écoles, plus de retour possible. À Masisi, les populations vivent la peur au ventre. Qui contrôle mon village ce soir? Où fuir demain? Kinshasa pose la question qui tue : A quoi sert l’ONU si elle ne peut pas imposer le retrait d’une armée étrangère? Tant que les accords ne seront pas accompagnés de sanctions, de pressions réelles, de forces de vérification contraignantes, la paix restera un slogan à Kinshasa. Et à Masisi, on continuera de compter les morts.

Sur le terrain, pendant que les diplomates parlent, les armes continuent de parler.

Charlotte MUKANGA

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