RDC : L’artiste Alesh démonte la posture d’« acteur de paix » d’Azarias Ruberwa après ses propos aux États-Unis

L’artiste musicien et engagé Alain Chirwisa, dit Alesh, s’inscrit en faux contre les déclarations faites par l’ancien vice-président de la République, Azarias Ruberwa, lors d’une intervention aux États-Unis sur la situation sécuritaire et linguistique en République démocratique du Congo.

S’appuyant sur les données documentées par l’Organisation des Nations Unies (ONU) et Human Rights Watch (HRW), le rappeur congolais dresse un réquisitoire contre le parcours politique de l’ex-dirigeant du RCD-Goma, affirmant qu’un acteur de paix crédible doit d’abord assumer le bilan des violences commises sous son autorité.

L’auteur-compositeur conteste la présentation d’une discrimination d’État visant les swahiliphones en RDC, rappelant que le swahili constitue l’une des quatre langues nationales protégées par la Constitution.

« Une dérive combattue par l’Église, la société civile et la loi n’est pas une politique d’État », souligne Alesh, qualifiant cette démarche de tentative de déformation de la réalité à des fins politiques. L’artiste précise que ce récit axé sur la persécution linguistique ou ethnique est précisément exploité par la coalition AFC/M23 pour justifier ses actions armées dans l’est du pays.

Revenant sur les événements historiques survenus pendant la guerre, le musicien apporte son propre témoignage sur la répression sanglante orchestrée par le RCD-Goma à Kisangani en mai 2002, où il a grandi.

« Je suis un survivant et je ne me me tairai point », déclare-t-il, évoquant les exécutions sommaires et les exactions commises à l’époque par les troupes sous le commandement politique de M. Ruberwa.

Alain Chirwisa établit une filiation directe entre le RCD-Goma, le CNDP et l’actuel M23, rappelant que les figures de proue de ces rébellions successives sont issues de la même chaîne d’injonction militaire.

S’agissant des conditions nécessaires pour restaurer la stabilité dans les provinces orientales, le rappeur réaffirme que la recherche de la paix exige une impartialité totale et l’application des recommandations du rapport Mapping de l’ONU.

« Un acteur de paix crédible passe trois tests : reconnaître les crimes de son propre camp, condamner toutes les violences et ne pas recycler le récit des belligérants », conclut Alesh, estimant qu’Azarias Ruberwa échoue sur l’ensemble de ces critères.

C. K. L.

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