Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, a haussé le ton face aux zones d’ombre qui ont entouré la gestion des financements alloués à la riposte contre la 17e épidémie de maladie à virus Ebola. Lors d’un point de presse tenu vendredi 2 octobre à Kinshasa, le ministre a présenté les avancées de la riposte tout en dénonçant le fait que la grande majorité des organisations partenaires sur le terrain n’ont pas encore fourni leurs pièces justificatives.
Sur le plan épidémiologique, les données ont indiqué une tendance générale à la baisse des contaminations après le pic enregistré fin juillet, avec un taux de reproduction effectif (R_t) national repassé sous la barre de 1 (de 1,15 au 1er août à 0,97).
Sur les 63 zones de santé touchées, 19 ont franchi le cap des 21 jours sans nouveau cas, dont 11 depuis plus de 42 jours, tandis que le suivi des contacts a progressé de 28 % en mai à 82 % au 28 septembre. Toutefois, la transmission est restée active dans plusieurs foyers, notamment en Ituri et au Nord Kivu.
Sur le volet financier, le gouvernement a pointé une situation préjudiciable : sur les 97 partenaires déployés sur le terrain, seuls 25 % environ ont justifié à ce stade les ressources mobilisées au nom de la RDC. Sur les quelque 227 millions de dollars américains engagés dans le premier plan de riposte sur trois mois, près de 99 millions de dollars demeureraient non utilisés par les partenaires. L’affichage de ces sommes globales a perturbé les négociations budgétaires de l’État auprès des bailleurs multilatéraux comme le FMI, alors même que ces fonds ont échappé au contrôle direct du Trésor public.
« Vous avez reçu de l’argent au nom de la RDC : vous devez nous dire ce que vous avez reçu, de qui vous l’avez reçu et ce que vous en avez fait. Ce flou artistique a pesé lourdement sur notre système de santé », a martelé le Dr Samuel Roger Kamba.
Pour garantir la redevabilité, le ministère de la Santé a décidé d’imposer des conditions strictes : désormais, aucun partenaire ne pourra intervenir sur le terrain sans une accréditation formelle. Celle ci a été conditionnée à la déclaration préalable et transparente des fonds reçus, de leur provenance et de leur affectation exacte. Les organisations déjà actives sur le terrain ont été sommées de se conformer sans délai à cette obligation sous peine de retrait de leur autorisation d’opérer.
C. K. L.
