Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a officiellement franchi une étape décisive vers la tenue du deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH2) en lançant les opérations de cartographie censitaire. Lors d’un briefing de presse spécial tenu au Studio Maman Angebi de la RTNC1, le Ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, et le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont présenté les tenants et aboutissants de cette démarche historique. Quarante-deux ans après le dernier exercice du genre, le pouvoir public entend doter la Nation de données statistiques fiables, un outil indispensable pour planifier le développement, orienter la construction d’infrastructures sociales et garantir une prise en charge efficace de chaque citoyen.
Pour le Ministre d’État au Plan, le recensement constitue avant tout une démarche scientifique, démographique et sociale dont les répercussions impacteront directement le quotidien des Congolais.
L’actualisation des données démographiques permettra en effet d’évaluer avec précision les besoins réels de la population, notamment en matière de distribution de vaccins, d’implantation d’écoles et de centres de santé, ou encore d’aménagement du territoire. Guylain Nyembo a souligné qu’omettre de se faire recenser prive non seulement l’État d’informations précieuses, mais nuit également à la planification des investissements publics nécessaires au bien-être collectif. Il a rappelé avec fermeté que cette opération reste purement scientifique et confidentielle, sans aucun lien avec des considérations fiscales, policières ou sécuritaires.
Abordant le déroulement technique de la cartographie censitaire, l’exécutif a précisé que cette deuxième phase du processus vise à subdiviser le territoire national en zones de dénombrement afin d’organiser le passage ultérieur des agents recenseurs. Le recrutement des cartographes a été pensé pour maximiser l’efficacité et faciliter le contact avec les ménages : les agents retenus sont issus des communautés locales, garantissant ainsi une parfaite connaissance du terrain et une meilleure acceptabilité sociale. Grâce à l’utilisation de technologies modernes et au soutien technique des agences du système des Nations Unies, la transmission et l’analyse des données collectées au niveau des provinces s’effectueront en temps réel au profit des services de l’Institut National de la Statistique.
Face aux inquiétudes soulevées par la presse concernant les zones en proie à l’insécurité ou sous occupation dans l’est du pays, le Porte-Parole du Gouvernement a martelé que l’exercice couvrira l’ensemble du territoire national sans exception.
Patrick Muyaya a affirmé que les défis sécuritaires orchestrés par des agressions extérieures ne sauraient empêcher la République de déployer ses cartographes, y compris dans les sites de déplacés et les zones vulnérables. Il a précisé que le processus est conduit dans un esprit de souveraineté nationale afin de permettre à la RDC de produire ses propres statistiques, libérant ainsi les chercheurs et décideurs de la dépendance aux estimations extérieures.
Le Ministre de la Communication et Médias est également revenu sur les amalgames politiques du passé, dissipant toute confusion entre le recensement scientifique de la population et les calendriers électoraux ou l’identification civile. Alors que la mutualisation des données reste de mise entre les institutions compétentes pour rationaliser les coûts, chaque opération conserve sa trajectoire propre et indépendante.
« Il s’agit de redonner de la crédibilité à notre pays et de démontrer notre capacité à conduire un processus souverain jusqu’au bout », a déclaré Patrick Muyaya en invitant l’ensemble de la population et les forces vives à s’approprier massivement cette opération civique d’intérêt national.
L’aboutissement de cette cartographie ouvrira la voie au dénombrement général des habitants résidant sur le sol congolais, posant ainsi les bases d’une gouvernance publique moderne et éclairée. Les membres du Gouvernement ont conclu cet échange en appelant les médias à jouer un rôle central de relais d’information et de sensibilisation auprès des masses.
En mobilisant l’ensemble des ressources budgétaires et logistiques nécessaires, le pouvoir central affiche sa volonté ferme de clore une parenthèse de plus de quatre décennies sans statistiques officielles, offrant enfin au Congo les moyens de mesurer ses forces et de bâtir son avenir sur des chiffres incontestables.
