Aller au marché aujourd’hui, c’est comme aller à la guerre. Le constat reste le même dans tous les marchés de Kinshasa, particulièrement au marché de Matete. Ce lundi 28 Septembre 2026, les reporters de CongoMarketNews.com, ont effectué une descente et ont fait ce constat. Pour faire une provision d’un mois à la maison, c’est tout un budget de loyer !
Kinshasa étouffe. Et à Matete, le cœur commercial du district du Mont-Amba, les mamans crient à l’agonie. En une semaine, tout a flambé.
Le constat est brutal au marché Tshimba, Matete centre :
- Un sac de semoule (25kg) : de 45.000 FC à 68.000 FC
- Un bidon d’huile de 5L : de 30.000 FC à 45.000 FC
- 1kg de poulet : 14.000 FC, hier c’était 9.500 FC
- Même les feuilles de manioc (pondu) et le fufu sont devenus un luxe ! Qu’est dire des bananes plantains, poissons fumés, poissons salés,…
« Avant, avec 20.000 FC je nourrissais mes 5 enfants. Maintenant même 30.000 FC ne suffit pas pour un seul repas complet. On va mourir de faim avant la maladie », lâche Mama Marie, vendeuse de poissons, les larmes aux yeux.
Mais pourquoi cette flambée soudaine ? Les vendeuses accusent :
- Le dollar qui danse : 1$ est à près de 3.000 FC au marché noir
- Les routes détruites : Kikwit-Kinshasa et Kenge coupées après le crash, les camions de vivres n’arrivent plus
- La loi de l’offre et la demande : les grossistes de Zando stockent pour revendre plus cher.
- Manque de politique d’agriculture et d’élevage dans le pays.
Résultat : les Kinois ne mangent plus qu’une fois par jour. Certains troquent la viande contre du fretin. D’autres rentrent du marché les mains vides.
Le marché de Matete, jadis symbole de l’abondance, est aujourd’hui le miroir d’une capitale à genoux. Jusqu’à quand ?
Charlotte MUKANGA
