Tshopo : Résistance communautaire et pénurie d’équipements attisent l’épidémie d’Ebola à Kisangani

L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de gagner du terrain dans la province de la Tshopo, où les équipes de riposte font face à de graves déficiences logistiques et à des réticences populaires dramatiques.

Les professionnels de santé dénoncent le manque criant d’équipements de protection individuelle dans les structures privées, une faille sécuritaire majeure qui a déjà coûté la vie au docteur Victor Kingombe et provoqué la contamination de deux autres soignants. Réunis en urgence après une concertation avec les autorités sanitaires locales, les syndicats de santé exigent la fermeture immédiate de ces établissements privés devenus de véritables épicentres de propagation du virus.

Sur le terrain, le suivi des contacts et le dépistage se heurtent à un déni persistant de la population. Les agents de santé signalent que de nombreux malades se cachent au sein des communautés, augmentant le risque de propagation.

Le chargé des opérations à la division provinciale de la santé, déplore cette inertie : « Même ceux-là qui ont participé aux activités de réponse lors des précédentes épidémies continuent d’affirmer qu’Ebola n’existe pas. Cela crée une résistance dramatique alors que le taux de létalité atteint désormais 67 % ». Il avertit qu’un seul cas confirmé non isolé peut contaminer jusqu’à trente personnes, menaçant de prolonger indéfiniment la crise sanitaire si la chaîne de transmission n’est pas rompue rapidement.

Signalons qu’avec plus de 945 décès enregistrés sur l’ensemble du territoire affecté, les autorités sanitaires envisagent d’imposer des sanctions rigoureuses contre toute personne qui entraverait le travail des agents de santé ou dissimulerait des cas suspects.

C. K. L.

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