Nucléaire civil : La RDC adopte son plan stratégique 2026-2035 sous la supervision de l’AIEA

La République Démocratique du Congo franchit un cap historique dans la gestion et le développement de ses ressources stratégiques en approuvant le Programme Nucléaire Congolais 2026-2035.

Présenté et adopté lors de la 99ᵉ réunion du Conseil des Ministres, ce cadre décennal ambitionne de rebâtir une architecture atomique nationale moderne, hautement sécurisée et dédiée à des usages exclusivement pacifiques.

Élaborée en concertation étroite avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), cette feuille de route redéfinit la souveraineté scientifique et industrielle du pays tout en l’alignant sur les plus hautes exigences de la diplomatie énergétique mondiale.


Pendant plusieurs décennies, le potentiel nucléaire du Congo est resté confiné à des installations historiques parfois sous-exploitées et à des défis sécuritaires complexes. Le nouveau programme décennal change la donne en conférant au gouvernement central un instrument unifié de planification.

Désormais, chaque projet d’investissement, chaque infrastructure et chaque partenariat dans le secteur sera soumis à une chaîne rigoureuse d’autorisations techniques, réglementaires et budgétaires sous le contrôle des autorités de tutelle. Il s’agit avant tout de doter le pays d’un cadre légal et opérationnel étanche pour structurer la recherche, former une nouvelle génération d’ingénieurs et de physiciens nucléaires, et garantir la sûreté des installations sur l’ensemble du territoire national.

L’impact de ce plan ne se limite pas aux laboratoires de recherche, il s’étend à des secteurs socio-économiques vitaux pour le développement du pays. Sur le plan médical, l’intégration des technologies nucléaires doit permettre d’améliorer le diagnostic et le traitement de pathologies lourdes comme le cancer grâce au renforcement de la médecine nucléaire et de la radiothérapie.

Dans le secteur agricole, les techniques d’irradiation et d’isotopie serviront à optimiser la conservation des récoltes, à lutter contre les ravageurs et à améliorer les rendements des cultures. Enfin, sur le plan énergétique, cette initiative pose les jalons d’une réflexion à long terme sur la diversification du mix énergétique national, dans un contexte d’explosion de la demande industrielle et domestique.
L’un des axes les plus critiques de cette feuille de route concerne la maîtrise de la chaîne minière.

La RDC possède un sous-sol regorgeant de minerais stratégiques et de terres rares souvent associés à des matières radioactives naturelles, à l’instar de l’uranium. Le Programme Nucléaire 2026-2035 apporte une réponse concrète au défi environnemental et sécuritaire posé par les rejets miniers et l’exploitation artisanale ou industrielle clandestine.

En renforçant les capacités d’analyse, de traçabilité et de contrôle sur le terrain, le gouvernement entend verrouiller la circulation des substances radioactives, prévenir la contamination des sols et des cours d’eau, et garantir que les minerais exportés respectent scrupuleusement les normes de sécurité internationales.

C. K. L.

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