​Ebola dans l’Est : nouveau leadership à Bunia et pression sur les financements au Nord-Kivu

La réorganisation de la riposte contre l’épidémie à virus Ebola s’accélère en République démocratique du Congo face à la persistance du virus dans l’est du pays. Le ministère de la Santé vient de procéder au remplacement du commandement de l’équipe provinciale en Ituri avec la nomination du docteur Alex Kalume à la tête de la Division provinciale de la santé, en remplacement du docteur Marcel Lola.

Fort de son expérience acquise lors de la gestion de l’épidémie dans la province de l’Équateur, le nouveau responsable a pour mission prioritaire de renforcer la dynamique de terrain et d’interrompre définitivement les chaînes de transmission.

Cette restructuration intervient alors que le bilan épidémiologique offre un visage contrasté sur le terrain. À Bunia, la situation est désormais sous contrôle dans les centres de traitement grâce à une baisse significative du nombre de patients admis.

Les autorités sanitaires y enregistrent désormais moins d’un cas par jour, avec des perspectives de sorties médicales encourageantes d’ici deux à trois semaines. Cependant, le docteur Hervé Adipapeki, médecin traitant au centre de traitement Ebola Elikia de Bunia, alerte sur la situation préoccupante qui prévaut dans les zones de santé périphériques telles que Komanda, Nizi, Mungwalu ou Bambou, où la persistance des foyers de contamination menace les avancées globales.

Les opérations de secours dans ces secteurs ruraux restent très complexes en raison de l’insécurité chronique et de la résistance de certaines communautés locales.

En parallèle, la situation demeure critique dans la province voisine du Nord-Kivu, où la Division provinciale de la santé dénombre déjà 1 534 cas confirmés, principalement concentrés dans les zones de santé de Musienene, Katwa, Butembo et Beni.

Réunis à l’initiative des autorités provinciales sous la conduite du vice-gouverneur policier, les acteurs sociopolitiques, les élus, les représentants de la société civile et les partenaires internationaux dont l’Organisation mondiale de la santé exigent une évaluation rigoureuse du financement de la riposte.

Le chef de la Division provinciale de la santé du Nord-Kivu, le docteur Gasson Lubamo, a souligné que la hausse récente des cas s’explique en partie par le manque d’appuis financiers et logistiques requis pour exécuter le plan de riposte.

Face à ces difficultés, les participants à ce cadre d’échange préconisent de relancer le système de veille communautaire via les chefs de base, d’impliquer directement les élus pour sensibiliser les populations et de réunir l’ensemble des bailleurs afin de garantir une totale redevabilité sur l’affectation des ressources.

C. K. L.

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