La signature par le Président de la République d’une ordonnance portant organisation et fonctionnement du Comité d’organisation du Dialogue National pour la Paix, la Cohésion et la Refondation de l’État matérialise une étape cruciale dans l’agenda politique congolais, confirmée à la télévision nationale par la porte-parole du Chef de l’État, Tina Salama.
Cet acte institutionnel fort témoigne d’une volonté politique affirmée d’œuvrer pour le rassemblement, tout en prenant de court les leaders de l’opposition regroupés au sein de la Composante C64. Alors que cette plateforme tente de paralyser le débat en brandissant l’article 64 de la Constitution, son positionnement apparaît de plus en plus confus et juridiquement risqué. Une application stricte du deuxième alinéa de ce même article constitutionnel remettrait en effet directement en cause la démarche de ces opposants, les exposant à de lourdes responsabilités pénales pour tentative de déstabilisation des institutions républicaines.
Sur le terrain politique et moral, les exigences de la C64 de voir figurer Joseph Kabila ou Corneille Nangaa autour de la table de négociation heurtent violemment une grande partie de l’opinion publique, qui y voit une insulte directe à la mémoire des victimes des violences dans l’Est du pays.
Le cadre institutionnel congolais demeure pourtant parfaitement clair : les compromis politiques ne sauraient se confondre avec l’impunité des insurgés. Les questions sécuritaires et le cas des individus ayant pris les armes contre la Nation relèvent exclusivement du processus diplomatique structuré à Doha.
Cette posture de la C64 soulève d’ailleurs une incohérence flagrante : si l’opposition exige aujourd’hui l’inclusion de l’Alliance Fleuve Congo et du M23 dans le forum national, la rébellion armée n’a quant à elle jamais estimé nécessaire d’associer cette même opposition aux pourparlers de Doha.
C. K. L.
